IGAD, Éthiopie, Somalie : autopsie d'une fragmentation Est-Africaine

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Aujourd’hui, nous plongeons au cœur d'un puzzle qui ne s'emboîte plus. De Djibouti à Mogadiscio, de l'enclave éthiopienne aux côtes érythréennes, la Corne de l'Afrique se fragmente sous nos yeux... Ce sont près de 42 millions de kilomètres carrés qui retiennent leur souffle. L'Afrique de l'Est, autrefois promise à une intégration économique florissante, offre effectivement aujourd'hui le visage d'une région qui se disloque bloc après bloc, alliance après alliance. 

Le dernier coup de semonce s’est fait entendre il y a quelques jours : l'Érythrée claque la porte de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) qui regroupe 8 pays. Un retrait officiel qui sonne comme un désaveu pour la diplomatie régionale et qui laisse l'organisation Est-Africaine plus affaiblie que jamais. Mais derrière ce départ d'Asmara, c'est un séisme bien plus vaste qui secoue la Corne. 

D'un côté, une Éthiopie enclavée qui cherche fébrilement son accès à la mer, quitte à bousculer la souveraineté de ses voisins. De l'autre, une Somalie qui se militarise, portée par un nouvel allié de poids : l'Égypte. Entre les deux, les puissances du Golf avancent leurs pions, transformant cette rive de la Mer Rouge en un échiquier géopolitique où chaque mouvement peut être le dernier avant l'embrasement. Sommes-nous face à une simple reconfiguration diplomatique ou au prélude d'une confrontation directe ? 

Pourquoi l'IGAD ne parvient-elle plus à contenir les ambitions de ses membres ? Et comment la rivalité entre Le Caire et Addis-Abeba est-elle en train de redessiner les frontières invisibles de la région ?