Alors que l’on espérait un dégel sincère entre Alger et Paris, le vernis de la diplomatie vient de voler en éclats. Samedi dernier, le 24 janvier, le ministère algérien des Affaires étrangères a dû convoquer le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger pour dénoncer ce qui ressemble, point par point, à une véritable agression médiatique et politique.
Au cœur du scandale : une émission de la télévision publique française, Complément d’enquête, qui, sous couvert d’investigation, semble avoir exhumé les vieux démons de la suspicion. En s'attaquant frontalement aux élus franco-algériens, comme la députée Sabrina Sebaihi, le service public français a franchi une ligne rouge. En agitant le spectre d’une « double allégeance » ou d’une « cinquième colonne », ces discours ne font pas que fragiliser les relations bilatérales : ils jettent le discrédit sur toute une communauté, parfaitement intégrée, mais soudainement traitée en suspecte à l'approche des municipales de mars.
Pourquoi cet acharnement ? Pour de nombreux observateurs, cette offensive médiatique n'est pas fortuite. Elle semble faire le jeu de lobbies étrangers et d'une extrême-droite française décomplexée qui cherche à neutraliser le poids politique des binationaux. Comment ne pas voir deux poids, deux mesures, quand on compare ce traitement avec celui d'autres élus binationaux dont la loyauté, elle, n'est jamais questionnée ? Le climat s'alourdit encore davantage avec les dérapages glaçants entendus sur CNews, où l’on appelle désormais ouvertement à des « rafles » contre les étrangers.
Entre provocations médiatiques « onctionnées » par certains services officiels et normalisation de la haine, l’Algérie dénonce un « tissu de contre-vérités » destiné à maintenir nos deux pays dans une crise permanente. Qui a intérêt à saboter le rapprochement entre Paris et Alger ? Pourquoi la France officielle laisse-t-elle ses médias publics insulter ses propres élus d'origine algérienne ? Et surtout, comment protéger cette relation face à ceux qui veulent la transformer en champ de bataille ?
Pour en débattre, il y a avec nous : -Nasser Khabat, secrétaire général du Mouvement dynamiques des Algériens en France (Moudaf) -Rima Rouibi, enseignante universitaire et spécialiste des médias -Mokrane Aït-Ouarabi, journaliste et consultant de l’émission -Sofia Brik, Adjoint-Maire de Vénissieux (France)